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15/07/2019 Un projet performance avec Casanova pour 2020

La maison de Casanova

La Maison de Casanova est une nouvelle performance immersive palpitante, qui ramène les visiteurs dans le monde somptueux et séduisant de Venise dans le Settecento.

Jouée tous les soirs dans un palais historique et historique de la ville de Venise, The House of Casanova offre au public anglophone une soirée unique en son genre, du spectacle théâtral à l’intrigue historique intime - un voyage dans le temps jusqu’à une époque éblouissante du passé vénitien.

La Maison ouvrira ses portes pour la première fois à Carnevale en février 2020. Soyez le premier à en savoir plus en vous inscrivant à notre liste de diffusion, pour des offres de billetterie, des bandes-annonces, des photographies, des interviews et bien plus encore. ...

14/07/2019 Casanova in place le blog de Kathleen Ann Gonzalez

symposium vue d'ensemble

Pour retrouver le blog de Kathleen en anglais :cliquer ici. Vous y trouverez plus de photos et un compte-rendu rapide des interventions ici en français :

Un symposium est défini comme une conférence pour discuter d’un sujet particulier, mais la définition secondaire est «un recueil d’essais ou de communications sur un sujet particulier par plusieurs contributeurs». Le samedi 29 juin, nos huit présentateurs ont partagé leurs connaissances avec nous via papiers, diaporamas et explications. J'ai posté les résumés il y a quelques semaines, alors voici quelques faits saillants et des images de cette journée.

Après avoir accueilli tout le monde dans notre magnifique lieu du Centro Culturale Don Orione Artigianelli, j’ai également partagé quelques images de l’exposition de l’année dernière inspirée par Casanova au Musée des beaux-arts de Boston. Notre modérateur, le professeur Bruno Capaci, a commencé ses remarques en italien, avec des traductions de sa collègue Tatiana Korneeva. Il a assisté à la dernière réunion de Casanovist en 1998 à Venise et a souligné qu'il s'agissait du premier retour de C à Venise, ainsi que du rapprochement des anciens et des nouveaux chercheurs, ainsi que des spécialistes des États-Unis et de l'Europe. Casanova n'était pas encore un sujet d'étude prestigieux dans les années 1960, bien que cela ait changé une fois les archives de Dux mises à disposition.

Jean-Christophe Igalens a commencé les présentations avec un sujet qui est au cœur de notre thème de Casanova in Place. En français, il a exploré la relation complexe que Casanova entretenait avec son lieu de naissance, voulant à la fois retourner dans sa ville natale et ressentir que la nostalgie ne l’apportait aucun réconfort. Sa présentation a été suivie par Mladen Kozul, qui a expliqué en anglais l’importance de l’affaire de Casanova avec la religieuse MM; Cet espace de réunion a favorisé l’amour et l’a élargi aux autres amants de MM et Casanova.

Après une pause-café, où nous avons dégusté des pâtisseries vénitiennes, Stefano Feroci nous a raconté ses impressions sur le séjour de Casanova en Toscane, où la vie difficile d’un aventurier et le début de son vieillissement ont conduit Casanova à des difficultés physiques et morales. Cyril Francès, également en français, a également évoqué les difficultés rencontrées par Casanova lors de son retour à Venise, son désir de rentrer après son exil, mais aussi le sentiment que Venise ne tenait pas à sa présence.

Nous avons traversé une sorte de voie de passage secrète jusqu'au restaurant d'à côté, où de grandes portions de lasagnes, de pâtes au pesto, de poulet et de salade nous ont été servies. Cette pause nous a également donné l’occasion de discuter et de digérer les documents entendus ce matin. Au retour, Coffee nous a invités à faire plus de présentations, toutes en anglais, d’abord de Tom Vitelli, qui a parlé de «matière noire» dans les écrits de Casanova - ce que Casanova ne nous dit pas et ce que cela révèle sur lui. En contrepoint, Nicola Vinovrški a révélé comment Casanova répondait à la définition moderne de célébrité ou de notoriété, avant même que ce concept ne soit réellement établi. Ils ont chacun répondu à quelques questions à ce stade, avec des conversations se poursuivant à l'extérieur dans le cloître pendant notre pause.

Finalement nous sommes arrivés aux deux derniers papiers. Malina Stefanovska a utilisé une voie novatrice, présentant son papier comme une lettre à Giacomo, où elle lui a posé des questions sur ses émotions après avoir quitté des personnes et des endroits au cours de sa vie. Nous nous sommes rapprochés de Gregory Dowling, dont les diapositives accompagnaient sa présentation sur les représentations fictives de la vie de Casanova, notamment les auteurs Michelle Lovric et Barbara Lynn-Davis, présents dans le public. Ce fut la transition parfaite vers le lendemain, où nos auteurs discuteraient d'écrire sur Casanova.

Vous pensez peut-être qu'écouter huit exposés suffirait à nous pour ce jour-là, mais non, nous nous sommes joyeusement dispersés pour aller dîner, en nous séparant par groupes ce soir en fonction de la langue que les gens voulaient parler. J'étais avec un groupe anglophone qui a dîné sur le Zattere face à l'eau, à Terrazza dei Nobili. Gregory Dowling était avec nous et nous a présenté le propriétaire du restaurant, un autre professeur à Ca’ Foscari. Alors que les navires de croisière passaient, le joueur de piano jouait des chansons du Titanic. Le dîner a duré près de quatre heures - il était clair que nous ne pouvions pas en avoir assez de la conversation et de la compagnie de chacun.

03/07/2019 Casanova in place est fini, vivement le prochain

Le compte-rendu des différentes interventions fera l'objet d'une communication ultérieure. Nous la signalerons le moment venu. En attendant quelques photos là

cliquer pour voir l'album souvenir

24/06/2019 CASANOVA LE PARDON - AU LUCERNAIRE

Casanova le pardon

Casanova, le pardon de Christian Rome (édité sous le titre Casanova, la nuit de Dresde - Éditions Triartis)


Mise en scène : Jean-Louis Tribes
Avec : Marie-Christine Adam (Zanetta Farussi), Alain Sportiello (Giacomo Casanova)
Costumes : Maria Blanco
Lumière : Jacques Rouveyrollis
Tableaux-Décor : Noémie Rocher

Du 19 juin au 11 août 2019, du mardi au samedi, 19h, dimanche à 16h
Théâtre Le Lucernaire – 53 rue Notre-Dame-des-Champs – 75006 Paris
Tél. 04 42 22 66 87. Site : www.lucernaire.fr


Fellini réglait son compte au séducteur impénitent en le transformant en fornicateur mécanique. Christian Rome enfonce le clou d’une autre manière dans cette rencontre imaginaire entre le libertin fatigué et sa mère vieillissante.
Dans un coin, un luminaire faux xviiie qui pourrait rappeler un éclairage aux chandelles et deux fauteuils de la même eau, en plastique noir ancien style revu et corrigé très postmoderne. Nous sommes un soir d’orage. Au fond de la scène, un rideau de toiles peintes évoque l’eau qui ruisselle sur les vitres, une atmosphère grise pour les deux personnages finissants qui se retrouvent face à face. Lui, c’est Giacomo Casanova, aventurier vénitien, tour à tour violoniste, écrivain, magicien, diplomate, espion ou bibliothécaire selon les occasions, l’homme aux nombreux pseudonymes dont le chevalier de Seingalt, le séducteur frénétique qui a contribué à sa propre légende en publiant une Histoire de ma vie où il se glorifie de ses cent quarante-deux conquêtes. Elle, c’est sa mère, Zanetta Farussi, une actrice qui a perdu l’attrait de sa jeunesse et vit une situation précaire aux crochets d’un noble en train de mourir dont elle ne peut plus rien tirer.
 
Deux personnages que tout oppose
Pourquoi est-il là, ce quarantenaire exilé ? à la poursuite de quelle chimère ? D’une belle, peut-être ? Ou simplement pour la voir, cette mère absente, cette femme qui ne l’a pas élevé, cette artiste ou se voulant telle qui l’a abandonné aux mains de la grand-mère et ne s’est jamais souciée de lui, poursuivant son errance à travers l’Europe à la poursuite d’un rôle, d’un protecteur. Une maman putain marchandant sans vergogne sa jolie gueule et ses charmes, indifférente à qui lui passe dessus. Il vient régler ses comptes et elle n’est pas en reste. Qui est-il pour la juger, lui qui a terni son nom, s’est livré sans vergogne à la luxure la plus abjecte, aux escroqueries les plus viles ? Comme deux coqs dressés sur leurs ergots, ils se font face, se balancent à la figure leurs bassesses respectives sans concession et avec hargne.
 
Dissemblables mais si ressemblants
S’installe peu à peu une confusion des genres. Qui est le séducteur ? Giacomo, brave petit soldat toujours prêt à user de sa verge dans les situations les plus diverses et faisant feu de tout bois ? Ou sa mère, qui souffle le chaud et le froid, qui attire et repousse et que rien ne rebute ? Qui est le comédien ? L’actrice qui fait devant nos yeux un dernier tour de scène comme pour se prouver qu’elle peut encore séduire le public à défaut des hommes, qui se déploie tout en mines comme une jeune première alors qu’elle n’en peut mais ? Ou le séducteur qui exerce ses talents dans le grand théâtre du monde où il participe au jeu social avec un art consommé ? Ils se ressemblent beaucoup, ces deux adversaires qui se balancent à la figure leurs vérités avec le souci de frapper juste, là où ça fait mal. Si le combat commence à fleurets mouchetés, ils se poursuit avec âpreté entre deux adversaires d’égale force qui n’ont pas que la filiation en commun. Ils sont de la même engeance. Ils sont deux bretteurs qui ont choisi la liberté au mépris des lois et de la morale et qui assument ce qu’ils sont avec hargne et orgueil.
 
Dans un lit œdipien
Le règlement de compte n’est pas exempt d’ambiguïtés. Que vient-il chercher là, l’aventurier qui jure, dans un moment d’accalmie, de protéger sa mère, qui redevient le petit garçon qui s’effondre et se met à saigner du nez lorsque son cœur saigne parce que sa mère de rejette ? À quoi joue cette mère qui le cajole comme l’enfant qu’elle retrouve avant de le chasser ? Casanova n’est pas seulement un séducteur. Il est incestueux. Après avoir séduit sa propre fille et lui avoir fait un enfant, il ne voit pas seulement en sa mère la génitrice qui l’a mis au monde. Lorsque leurs rapports se mâtinent de tendresse, c’est la femme qui se dresse devant ses yeux, une femme à conquérir, à consommer comme toutes les autres.
 
Masculin-féminin
Ils ne sont pas d’une pièce, les personnages brossés par Marie-Christine Adam et Alain Sportiello qui campe un Casanova plutôt musclé, un peu brut, loin de l’homme de cour qu’on pourrait attendre. Ils sont tout en ruptures et en volte-face. Un mélange de force et de faiblesse, d’authenticité et de rouerie, de fierté et de désespoir, de révoltes et d’abandons. Ils donnent aussi à voir, dans leurs parcours parallèles, ce qui différencie l’homme de la femme : le statut que leur accorde la société. Le Casanova en jupons qu’incarne Zanetta n’a jamais eu le choix d’être ce qu’elle est, au contraire de son fils. Victime désignée, elle a voulu faire de son holocauste une force, retourner l’arme contre ceux qui l’ont brandie. Au final cependant, il n’y a que des perdants. Pour la mère comme pour le fils, le malheur est leur escorte, la solitude leur destinée. L’amour est impossible dans un monde d’apparence et de faux-semblants. Et les deux comédiens font voir avec beaucoup de finesse l’incertaine vérité et les contradictions de la nature humaine.
 19 Juin 2019

Rédigé par Sarah Franck et publié depuis Overblog 

15/05/2019 Un article du Mercure de France de 1913

Beau texte du Dr Guède que m'a signalé Stefano Ferossi

Cliquer pour aller lire

24/04/2019 Programme du Symposium du 28 au 30 juin 2019

casanova ine place.html

Casanova in Place: A Symposium in Venice
28-30 June 2019

Centro Culturale Don Orione Artigianelli
Dorsoduro, Venice

PROGRAM

Friday 28 June

18:00 Welcome Reception: Galleria il Redentore, Giudecca, Venice
We will meet and enjoy refreshments while overlooking the bacino. Albert Gardin will present a recitation of Casanova's translation of the Iliad into Venetian. On display: Works by artist and gallery owner Manuel Carrión.

Saturday 29 June

9:00 Registration/Coffee service
9:30 Welcome/Opening remarks: Kathleen Gonzalez and Bruno Capaci
10:00 Speaker 1: Jean-Christophe Igalens, Jean-Christophe Igalens, Faculty of Arts of Sorbonne University
10:30 Speaker 2: Mladen Kozul, University of Montana
11:00 Break
11:30 Speaker 3: Stefano Feroci, Assistant Editor of L'Intermediaire des casanovistes and Casanoviana
12:00 Speaker 4: Cyril Frances, Université Jean Moulin - Lyon 3
12:30 Speaker 5: Tom Vitelli, Assistant Editor of Casanoviana
13:15 Lunch included: Ristorante San Trovaso
14:30 Speaker 6: Nicola Vinovrski, Institute for Advanced Studies in the Humanities, University of Queensland
15:00 Speaker 7: Malina Stefanovska, Malina Stefanovska, University of California, Los Angeles
15:30 Break
16:00 Speaker 8: Gregory Dowling, Ca' Foscari University of Venice
16:30 Closing remarks
19:00 Dinner (on your own)

Sunday 30 June

9:30 Registration/coffee
10:00 Welcome/Opening remarks: Malina Stefanovska
10:15 Panel discussion:
Kathleen Ann González, Woodside Priory School, author of Seductive Venice: In Casanova's Footsteps (2012) / Casanova's Venice: A Walking Guide (2013), among other books.
Ian Kelly, author of Casanova (2008) and the scenario with Kenneth Tindall for Northern Ballet's Casanova (2017), among other books.

Barbara Lynn-Davis, Wellesley College, author of Casanova's Secret Wife (2017).

Michelle Lovric, Courtauld Institute of Art and Kings College London’s Graduate School, author of Carnevale (2001) and The Wishing Bones (2019), among other books.
11:30 Questions and closing remarks
12:30 Lunch included: Ristorante San Trovaso
14:00 Film screening: Casanova Ballet from Northern Ballet, by special arrangement with Sky Arts, Digital Theatre, and Northern Ballet. Introduction by Ian Kelly.

Optional Excursions
A variety of optional excursions is available on 27 and 28 June as well as 1 July. See the website for details.
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25/03/2019 Vincent Lindon fait-il un bon Casanova

Vincent Lindon fait-il un bon Casanova ?
Par Jérôme Garcin Publié le 25 mars 2019 à 13h01

Paru dans "L'OBS" du 21 mars 2019.

Il y a un an, Vincent Lindon portait la contestation et le gilet jaune dans une usine d'Agen, dont il était le leader syndical, aujourd'hui il porte la perruque et le jabot blanc dans les beaux quartiers de Londres, au milieu du XVIIIe siècle. Le Laurent Amédéo musclé de «En guerre», film coup de poing de Stéphane Brizé, s'est métamorphosé en Giacomo Casanova, alias chevalier de Seingalt, dans «Dernier Amour», de Benoît Jacquot.

Seulement voilà. Tout sied à Vincent Lindon, qui est l'un de nos meilleurs comédiens, fors la perruque. Elle le désavantage et le dénature. A cet héritier de Gabin, qui se savait plus ouvrier sableur que duc à Versailles, elle donne un air au mieux d'évêque anglican, au pire de Lady Gaga. Son talent supporte mal le postiche. Vous me direz: Lindon peut tout jouer, il n'a pas la gueule d'un seul emploi. C'est vrai.

Mais, depuis dix ans, le maître-nageur calaisien de «Welcome», le maçon de «Mademoiselle Chambon», l'humanitaire des «Chevaliers blancs», le chômeur de longue durée de «la Loi du marché» est tellement marqué par ses rôles d'insoumis, d'indigné, de réfractaire, il incarne si bien la révolte contre les maux de notre époque : l'injustice, la paupérisation, la xénophobie, il semble faire si peu cas du maquillage, du Photoshop et des beaux habits, qu'il peine soudain à être crédible en séducteur poudré et bagué qu'une courtisane pousse au désespoir.
Casanova ressemble à Droopy

A Londres, où il débarque en 1763, Casanova, alors âgé de 38 ans, tombe fou amoureux d'une prostituée, la Charpillon (Stacy Martin), d'abord parce qu'elle lui plaît, ensuite parce qu'elle lui résiste. Plus elle se joue de lui, plus il veut la conquérir. Une mésaventure qui a failli le pousser au suicide et qu'il raconte dans «Histoire de ma vie». Selon un procédé éculé, le film de Jacquot commence par la fin: devenu bibliothécaire du château de Dux, en Bohême, le vieux coureur raconte à une jeunesse cet humiliant épisode londonien, qui nous est donc livré dans un fastidieux flash-back de 90 minutes.

Ce film n'est pas sans charme, un charme désuet, mais il sent le faux. Lindon n'est pas à l'aise en bas et talons, Stacy Martin n'a rien d'une cocotte, Londres ressemble à Bry-sur-Marne et Casanova, à Droopy. Reste un mystère: pourquoi diable Vincent Lindon a-t-il tant supplié Benoît Jacquot, perplexe, de lui accorder ce rôle? Le réalisateur, qui avoue dans un étrange français: «J'ai eu du retard à me rendre à l'évidence que ça fonctionnerait», aurait dû se fier à sa première intuition.

Jérôme Garcin


19-03-2019 Sortie de Casanova dernier amour

Casanova dernier amour.html

Un article de Jean-Michel Frodon sur le site slate.fr

«Dernier amour», une adaptation extrêmement juste de Casanova


Il est des films comme des plantes. On en connaît la graine, et la terre où on la sème. Mais en poussant, sans échapper à son origine, elle prend une tournure et une couleur inattendues.
Dernier Amour adapte un passage des Mémoires de Casanova, désormais connues sous le titre Histoire de ma vie. Casanova vieillissant est interprété par Vincent Lindon, selon un jeu très réglé entre le personnage historique et l’acteur vedette qui lui prête ses traits.
Le Vénitien est à Londres, où sa réputation le précède. Avec beaucoup de subtilité, Benoît Jacquot compose une évocation de l’aristocratie anglaise libertine du milieu du XVIIIe siècle, le mélange de sophistication emberlificotée et d’extrême brutalité d’un monde étrange, quasi somnambulique.
Bateleur virtuose, à la fois rusé, cynique et véritablement curieux du monde, Casanova y évolue, tout comme dans les bas-fonds de la capitale, avec une aisance conquérante qui n’exclue pas les échecs parfois cinglants.
Transgressions stylistiques
Les premières séquences malmènent les conventions de la reconstitution d’époque, grâce à un mélange de réalisme très cru, de transgression des codes actuellement en vigueur dans la représentation du corps féminin et d’un peu de stylisation crépusculaire, à laquelle les images denses et belles du chef opérateur Christophe Beaucarne donnent une matière sigulière.
L'aventurier vénitien et la haute société londonienne en pleine action | Diaphana
Soirées luxueuses chez les nobles, jeux d’argent délirants, détours par les bordels sordides, codes sociaux hypocrites et ridicules, activités sexuelles compulsives et ostentatoires des hommes et des femmes qui en ont le pouvoir tissent une trame serrée qui se déploie autour du personnage central de cette sombre tapisserie aux multiples reflets.
En proie à l’exil et à des difficultés matérielles, Casanova déploie un arsenal de ruses et de séduction, d’opportunisme et d’ironie sur ce monde où il débarque.
Passe, repasse cette figure d’une demoiselle, prostituée affublée d’un nom atroce, la Charpillon, et d’un physique avenant. Elle est différente. Une délicatesse, une énergie.
La femme par qui le scandale de l'amour arrive | Diaphana
Multipliant les ébats fort peu intimes et les gestes d’éclat en société, Casanova est attiré par celle couchant avec tout le monde et se refusant à lui, qui n’a guère l’habitude de pareil échec.
Érotiquement, politiquement
Tactiquement, si l'on peut dire, Dernier Amour reste une aventure de Casanova, racontée par lui –avec cette honnêteté étonnante qui est un signe distinctif de ses Mémoires. Mais stratégiquement, sensuellement, érotiquement, politiquement, c’est elle qui peu à peu occupe le territoire du film.
Cette «victoire» à elle n’est d’ailleurs pas exactement sa défaite à lui, plutôt une métamorphose, où il souffre assurément, mais où –il en sera le premier conscient en en faisant le récit– il apprend, il évolue, il expérimente des sensations et des rapports aux autres inédits.
La montée en puissance de la courtisane est aussi, admirablement, celle de l’actrice qui l’interprète. Stacy Martin, révélée de la plus stupéfiante manière par Lars von Trier dans Nymphomaniac, et que l'on ne cesse de retrouver avec bonheur, exemplairement dans le sous-estimé Taj Mahal, offre ici un assez inoubliable panorama de l’étendue de son talent.
Il y a un véritable plaisir, vaguement sulfureux et très joyeux, à assister à la manière dont le cinéaste et la comédienne conspirent à ce déplacement des centres de gravité du film –déplacement auquel, sans en avoir l'air, Lindon se prête d'ailleurs avec beaucoup de finesse.
Casanova, ni grand seigneur ni méchant homme | Diaphana
Le texte même de Casanova, assurément grand séducteur, mais qui aura porté un regard aussi lucide sur lui-même que plein d’affection et souvent d’admiration sur les femmes qui furent ses maîtresses, y aide beaucoup. Et à cet égard, Dernier Amour est une adaptation extrêmement juste, bien au-delà de la lettre du texte.
Il ne s’agit évidemment pas de faire du chevalier de Seingalt un féministe au sens contemporain, ni de transformer le film de Benoît Jacquot en étendard de #MeToo.
Mais aussi bien le récit du Vénitien que la mise en scène du cinéaste français ouvrent des espaces de pensée, à la fois sensuels et ludiques. Les deux œuvres réclament attention aux personnes, aux sentiments, aux forces plus ou moins obscures qui travaillent chacun d'entre nous.
Par-delà les joies immédiates que le film offre à son public, cette dimension-là en fait la richesse singulière, tout en déplacements et glissements. Une danse.
Dernier Amour
de Benoît Jacquot, avec Vincent Lindon, Stacey Martin, Valeria Golino, Julia Roy, Christian Erickson
Séances
Durée: 1h38. Sortie le 20 mars 2019
Jean-Michel Frodon Critique de cinéma

10/03/2019

Sortie le 19 mars du prochain film tiré des mémoires de Casanova à partir de l'épisode Charpillon : un film de Benoit Jacquot avec Vincent Lindon, Stocy Martin, Valeria Golino, Julia Roy. Scénaristes : Chantal Thomas, Jérôme Beaujour, Benoit Jacquot

cliquer pour voir la bande annonce

03/01/2019 Symposium Casanova

Madame Kathleen Gonzales, autheur du livre "Casanova's Venice: a walking guide" est en train d'organizer pour la fin de juin 2019 un "Casanova Symposium" in Venice.

Programme non définitif :

Vendredi 28 juin:
10h00 - 12h00 Visite facultative à pied de sites liés à Casanova à Venise, avec Kathleen Gonzalez, se terminant par un déjeuner facultatif.
14h00 - Visite facultative du musée Casanova. 13 euros.
18h00 - 19h30 Réception du symposium. Lieu: Galleria il Redentore, Giudecca (arrêt de vaporetto Redentore)

Samedi 29 juin:
8h30 - 16h30 Présentation des communications (voir horaire séparé, déjeuner fourni) Lieu: Centro Culturale Don Orione (arrêt du vaporetto soit Zattere ou Accademia)
19h00 - 22h00 dîner (facultatif, les participants paient séparément). Lieu à déterminer

Dimanche 30 juin:
9h00 - 12h00 Discussion entre experts (voir calendrier séparé) Lieu: Centro Culturale Don Orione
12h00 - 14h00 Déjeuner (fourni)
14:00 - 17:00 Projection de la version cinématographique de Casanova Ballet, avec les commentaires de Ian Kelly et Kenneth Tindall, chorégraphe. Lieu: Centro Culturale Don Orione
19h00 Dîner libre.

 Lundi 1 juillet:
9 h 55 - 11 h 30 Visite facultative sur les itinéraires secrets du palais des Doges (avec la cellule de la prison de Casanova). 20 euros. La visite est en anglais, les visites étant en italien et en français à d'autres moments.]
Après-midi: visites optionnelles à Murano ou dans d'autres sites liés à Casanova.