Commentaires et analyses

Philippe Monnier -Venise au XVIIIe siècle

Philippe Monnier -Venise au XVIIIe siècle

Philippe Monnier consacre un long chapitre à Casanova dans un style éblouissant. A lire absolument.

 Julia Fulpius-Gavard (1876-1935)

Breviaire de Casanova
Juila Fulpius-Gavard eut la bonne idée de rassembler les pensées plus ou moins profondes de Casanova  dans un petit livre avec une préface de Pierre Grellet l'auteur de Casanova en Suisse.
Quelques exemples :
- Pour être athée, il n'est pas besoin de science; il n'est donc pas difficile qu'un étourdit s'applique à le devenir.
- Un homme amoureux ne connait de véritable plaisir que celui qu'il procure à l'être aimé.
- La femme qui, par le peu qu'elle montre, parvient à inspirer de la curiosité à un homme, a fait les trois quarts du chemin pour le rendre amoureux, car l'amour est-il autre chose qu'une curiosité ? Je ne le crois pas et, ce qui le prouve, c'est que l'amour s'éteint dès que la curiosité est satisfaite?
- Etre bête, c'est avoir le privilège de ne jamais éprouver de l'ennui.

Un beau texte sur elle signé de Furio Lucchichenti et Helmut Watzlawick.

LA PREMIÈRE CASANOVISTE
Réminiscences de Julia Fulpíus-Gavard
Par Furio Luccichenti et  Helmut Watzlawick
Que parmi les nombreux casanovistes il y avait et il y a aussi quelques femmes - bien moins nombreuses que leurs confrères masculins - fascinées par le parcours et l'œuvre de l’aventurier ne doit pas étonner, même si la pruderie héritée du 19ème siècle a longtemps retardé leur "sortie du placard". Il fallait attendre les premières décennies du XXe siècle pour découvrir la première femme casanoviste, la genevoise Julia Fulpius-Gavard (1876-1935), dotée d'une solide formation littéraire et historique, connue pour ses traductions et adaptations des pièces de théâtre d'auteurs italiens (dont Bruno Brunelli, Sabatino Lopez et Pirandello) mais surtout pour son engagement social en faveur des prisonniers et internés de la première guerre mondiale guerre et - dans les années 1920-30 - des femmes sans travail et ressources. Très intéressée par l'histoire culturelle du XVIIIe siècle, elle découvrit les mémoires de Casanova et lui consacra en 1927 un premier ouvrage, une sélection de ses
Maximes (1). En 1936, une année après sa mort, son fils publia le manuscrit inédit de sa biographie de Casanova, avec une préface de Bruno Brunelli (2). Dans sa bibliographie Casanovíana (1956) Childs appelait son livre "la première biographie de Casanova écrite par une femme"(3).
Après sa mort (août 1935), Brunelli écrivit en octobre 1935 un obituaíre (In Memoriam) de son amie et collaboratrice qui ne fut publiée que deux ans plus tard, dans la Revue mensuelle (Genève-Paris) du mois de juillet 1937. Un tiré-à-part de sa notice, enrichi d’autres témoignages et de textes inédits de Mme Fulpius.-Gavard fut publié par les éditeurs de la Revue Mensuelle en septembre 1937 (4). Quelques exemplaires de cette plaquette rarissime subsistent dans des collections d'anciens souscripteurs de la Revue Mensuelle et d'amis de la famille. Nous en publions ci-après des extraits de l'obituaire de Brunelli et un bref texte de Julia Fulpius-Gavard dédié aux casanovistes (5).

JULIA FULPIUS-GAVARD 1876-1935. IN MEMORIAM
Par Bruno Brunelli
Julia Fulpius-Gavard appartenait a` une vieille famille de la Savoie: son grand-père, lorsque celle-ci devint française, avait préféré se fixer définitivement à Genève ou, plus tard, la fillette poursuivit ses études jusqu'a l'obtention du diplôme pédagogique. Elle séjourna ensuite longuement en Allemagne et en Italie et y acquit la possession parfaite des deux langues. Mariée, elle continua ses occupations intellectuelles préférées.
Madame Fulpius, qui ressentit de tout temps une grande admiration pour l'esprit latin, rappelait volontiers ses origines sardes, et souvent ses études la ramenaient vers tout ce qui était l'expression du génie italien. Pendant la guerre mondiale, elle s'employa activement à l'aide aux prisonniers alliés en Allemagne et aux internés en Suisse, ce qui lui valut, de la part du Gouvernement français, la médaille de la reconnaissance française.
Après la guerre, elle consacre beaucoup de son temps à des œuvres sociales, et notamment à l'aide aux chômeuses, beaucoup aussi à ses recherches sur le XVIIIe siècle, qui la conduisirent inévitablement à Casanova. Elle remarque combien étaient nombreux - surtout parmi les journalistes - ceux qui s’acharnaient contre Casanova pour son immoralité, laquelle, bien plus que dans l'âme du Vénitien, fleurissait comme une mode chez les aventuriers de son temps.
Alors, elle se divertit à extraire des écrits de Casanova - et non pas uniquement de ses “Mémoires” - les réflexions moralisantes, fruits d'une vaste expérience, qui reproduisaient les états d’âme spéciaux du Vénitien dans les circonstances les plus variées de sa vie mouvementée.
Le “Bréviaire de Casanova” qu'elle publia en 1927, produisit une vive surprise chez ceux qui n'avaient vu dans l'aventurier qu'un jouisseur insouciant, préoccupé avant toute chose de divertissements libertins. Il ressortait de la que sa conception optimiste de la vie provenait, chez Casanova jeune, de sa parfaite santé, grâce a quoi il considérait cette vie comme un don précieux et les douleurs comme un mal inévitable rehaussant le prix du bienfait qu'est le bonheur; puisqu'il est possible d'éprouver de la douceur dans le désespoir d'un chagrin profond. Des regrets et une certaine amertume pénétreront dans son âme à l'approche de la vieillesse.
Dès lors, il subordonnera la vertu à l'épreuve de la douleur. [. . .]
L'étude de toute l'œuvre casanovienne, qui fut nécessaire à Mme Fulpius-Gavard pour compiler le “Bréviaire”, la conduisit à d'autres recherches du même genre.
Elle voulait démontrer que dans Casanova écrivain, on trouve parfois un narrateur humoristique qui n'a pas besoin de recourir à des situations érotiques pour intéresser le lecteur. C'est ainsi qu'elle retira des “Mémoires” de nombreux épisodes amusants que l'art d'un peintre genevois commenta d’un pinceau spirituel. Nous souhaitons que l'œuvre voie le jour par les soins d'un fils de Mme Fulpius qui partage les goûts de sa mère. Celle-ci eut à faire bien des recherches patientes, sans succès, pour l'identification de la «belle et mystérieuse Henriette» que la curiosité des érudits n'est point parvenue à sortir de l'ombre ou Casanova avait voulu la cacher; il ne s'attendait peut-être pas a ce que des initiales mystérieuses ou des noms différents fussent inutiles pour le défendre contre la curiosité des investigateurs d'aujourd'hui.
Mais d'autres études de Mme Fulpius-Gavard et une brillante conférence casanovienne qu'elle fit à Genève n'ont pas été imprimées.
Elle a beaucoup écrit et peu publié, car elle écrivait plutôt pour son propre plaisir que pour le public. Il y a donc d'elle de nombreuses pièces brèves inédites, pleines de vie et d'esprit, qu'elle faisait représenter le plus souvent dans un but généreux, en faveur des œuvres auxquelles elle s'intéressait activement [. . .] ”.
Mme Fulpius prit part à aucunes compositions de revues jouées à Genève, ou on la oyait dans aucunes rôles sur la scène. Son talent était profondément humain.
Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, elle a écrit beaucoup de sayiètes et d'adaptations de pièces de théâtre italiennes, dont deux ont été jouées avec un beau succès.
Épouse dévouée, bonne mère de famille aux idées très larges. Elle était très libérale, respectant toutes les convictions sincères. Un esprit large, charitable et généreux. Bonne musicienne, elle déchiffrait avec enthousiasme et autrefois son réel talent d'accompagnatrice était souvent mis à contribution pour les bonnes œuvres.
Mme Fulpius fut une des plus actives fondatrices de l'Union des Femmes de Genève, qui s'occupait des problèmes des femmes, dans tous les aspects (sociaux, politiques, sanitaires et de travails, à initier des chômeuses.
CASANOVA ET LES CASANOVISTES
par Julia Fulpius-Gavard
Tout le monde lit ou a lu les fameux “Mémoires de Casanova, chevalier de Seingalt,” à en juger par les éditions qui se succèdent avec rapidité dans toutes les langues.
Il y a trois catégories de lecteurs des “Mémoires”: La première est composée de ceux qui ne cherchent dans cette autobiographie que les épisodes ultra-réalistes et les situations scabreuses. Leur curiosité de mauvais aloi une fois satisfaite, ils ne reviennent plus à Casanova. Et c'est tant mieux. Ce n'est pas dans cette catégorie que se recrutent les casanovistes car il y a les casanovistes ou casanoviens, comme il y a les rousseauistes et les lamartiniens.
Dans le deuxième groupe rentre l'amateur qui possède une ou plusieurs bonnes éditions des “Mémoires” alignés sur les rayons d'une bibliothèque (fermant à clé s'il a des fils qui vont encore au Collège !) Ce lecteur la n'ignore pas qu'il y a des choses plus intéressantes, dans ces nombreux volumes, que des exploits plus ou moins exagérés de don Juan. Vienne un jour de désœuvrement ou une convalescence, ce casanoviste inavoué va chercher un tome des “Mémoires” s'installe dans un fauteuil et demande au grand Vénitien l'oubli momentané de ses soucis ou de ses maux. Il savoure tout particulièrement certains épisodes, tels que celui de la fuite des Plombs ou le récit des entrevues avec Voltaire, le roi de Prusse, la grande  Catherine et autres personnages considérables que Casanova aborda, sa vie durant, avec l'aisance d'un grand seigneur.
Bien qu'il ait retiré le plus vif plaisir de sa lecture, il vaut toutefois mieux ne pas demander à cet honnête homme ce qu'il pense de l'amusant aventurier ! Car il pourrait bien froncer le sourcil et répondre d'un air dégoûté: "Heu ! Laissez donc, cet hurluberlu n'est pas pour les gens sérieux !”
Ce personnage ressemble un peu, n'est-il pas vrai au gentleman qui boit de l’orangeade en public mais se confectionne à la maison les plus savoureux cocktails !
Gardons cependant d'en médire, car il finira tôt ou tard dans la peau d'un casanoviste déclaré.
Reste le troisième groupe des amateurs des “Mémoires.” On peut les appeler les amis posthumes du Vénitien. Ils forment une sorte de franc-maçonnerie répandue dans le monde entier et se recrutent parmi les dilettantes cultivés, les hommes de lettres, les artistes, les médecins, les archivistes, voir les diplomates. Peu ou pas de femmes, comme si elles gardaient rancune à Casanova de ne pas s'être laissé fixer par une de celles qu'il prétend avoir tant aimées !
L'ancêtre de ces casanoviens c'est le Prince de Ligne, l'ami fidele de Casanova, celui qui l'encouragea le plus vivement à écrire le récit de ses aventures.
La liste est longue des casanovistes notoires ; on y rencontre Alfred de Musset, Zola, Henri de Régnier Octave Uzanne, Bruno Brunelli, Pierre Louys,Stefan Zweig et, plus près de nous, Philippe Monnier et Pierre Grellet.
Tout ce monde connaît son Casanova sur le bout du doigt et s'oriente avec aisance dans le labyrinthe de cette prose exubérante. Quelques uns le jugent sévèrement, d'autres en font un demi-dieu, les uns l'admirent ou l'envient, les autres le contrôlent et cherchent à le prendre en flagrant délit de mensonge. Mais tout le clan s'accorde pour pester contre l'éditeur de Leipzig qui s'entête à garder le manuscrit dans son coffre et à en refuser l'examen.
De cet intérêt extraordinaire, suscité par un ouvrage qui a pour principal mérite sa spontanéité, sont nés une multitude de livres, de brochures et d'articles pour ou contre le génial Vénitien.
L'un de ces casanovistes passionnés, le docteur Guesde [síc, pour Guède], si je ne me trompe pas, s'est amusé à refaire pour son compte et avec les moyens actuels de locomotion, tous les voyages de Casanova, allant de Venise à Naples puis à Paris, en Hollande, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Espagne, pour finir en Bohême – aujourd’hui Tchécoslovaquie - ou Casanova termina son aventureuse existence.
Si vous allez à Venise vous y rencontrerez peut-être un de ces fidèles tout occupé à découvrir la demeure de Casanova ou le couvent de Murano, témoin des folies de ce joyeux garçon, prototype du Vénitien dissolu mais cultivé de son époque.
C'est grâce aussi aux amis véritables de ce prestigieux personnage qu’un autre Casanova que celui des “Mémoires” nous a été révélé. Un Casanova qui a laissé au château de Dux d'innombrables manuscrits traitant de morale, de poésie, de philosophie, d'économie politique, de mathématiques même, tant étaient prodigieuses sa mémoire, sa culture et son intelligence.
Cet autre Casanova, celui des dernières années est infiniment émouvant mais il ne saurait nous faire oublier celui qui relata avec tant de naturel et de désinvolture les dessous de la petite histoire de son siècle.
Octobre 1933
Julia Fulpius-Gavard
(1) Bréviaire de Casanova. Pensées choisies dans les œuvres du Chevalier de Seíngalt. Préface de Pierre Grellet. Lausanne, Éditions Spes, 1927.
(2) L'ouvrage a paru sous le titre: Les aventures tragi-comiques de Casanova. Paris et
Neuchâtel, chez Attinger, 1936. Il contient la liste des pièces de théâtre traduites par Mme
Fulpius-Gavard.
(3) L’histoire du casanovisme au féminin doit encore être écrite, Après Mme Fulpius-Gavard il fallait attendre l'année 1950 pour découvrir une autre femme auteure d'une étude approfondie sur Casanova, Margherita Sarfatti (Casanova contra Don Giovanni). Ici il est nécessaire de distinguer les auteurs féminins qui ont poursuivi leurs recherches et publications casanoviennes de manière continue de celles qui n’y ont consacré leur temps qu’occasionnellement. Parmi les premières il faut mentionner dans l'ordre chronologique de leur apparition sur la scène de la littérature casanoviste Angelika Hübscher (1955), Marie-Françoise Luna (1966), Martha A. Alden (1973), Luciana Alocco Bianco (1976), Chantal Thomas (1984), Cynthia Craig (1991), Marina Pino (1991), Gillian Rees (1992), Lydia Flem (1993), Ruth Bombosch (1994), Suzanne Roth (1997), Ilona Kovacs (1997), Catherine Toesca (1998) et Sabine Herrmann (2008). D'autres auteurs féminins ont publié des contributions spécifiques sur des aspects particuliers du parcours ou l'œuvre du Vénitien sans faire de lui un thème central de leurs recherches, p.ex. Elena Pompilj (1976), Emanuela Zucchetta (1988),
Renata Targhetta (1988), Barbara Evers (1990), Sylvia Ostrovska (1994), Maria A. Fabbri
Dall'Oglio (1998), Eva Eckstein (1998), Leda Vigliardi Paravia (1998), judith Summers (2003),Isadora Rose-Viejo (2005), Catherine Brebion (2005).
(4) (Bruno Brunelli et.a1.), Julia Fulpíus-Gavard 1876-1935. In Memoriam. Témoignages -
Pages retrouvées. Genève-Paris, 1937, 16 pp..
(5) V. aussi Intermédiaire ii, p. 42.

Casanova l'admirable - Philippe Sollers

Ecrivain, essayiste, chroniqueur, journaliste Philippe Sollers a consacré à Casanova un livre "Casanova l'admirable" où les remarquers pertinentes dessinent de Casanova un portrait sympathique. Des extraits sur ce site : Cliquer pour se connecter

Philippe Sollers

Casanova l'admirable

François Roustang (1923-2016)

Une analyse pertinente des ressorts cachés de Casanova. A mon sens Le livre le plus intéressant à lire pour comprendre la psychologie de Casanova.

François Roustang

Le bal masqué de Casanova

Alain Buisine (1949-2009)

Article paru le 21 septembre 2009 sur le site EULALIE signé deValérie Tronet 
Alain Buisine est décédé, à soixante ans, le 2 juillet 2009. Quand on rappelle qu’il fut élève au Lycée Van der Meersch de Roubaix, qu’agrégé de lettres classiques, il enseigna quelque temps au Lycée Gambetta de Tourcoing et passa l’essentiel de sa carrière universitaire à Lille 3, où il fut un animateur de la Revue des Sciences Humaines, on ne dit pas l’essentiel.
Les nombreux ouvrages d’Alain Buisine en font, en effet, un critique original. Il s’est, bien sûr, intéressé à la littérature. Ses auteurs préférés, sur lesquels il écrit en empathie, sont Casanova, Loti (Tombeau de Loti, Aux Amateurs de Livres, 1988), Proust (Proust et ses lettres, Presses Universitaires de Lille, 1983), Sartre (Laideurs de Sartre, Presses Universitaires de Lille, 1986), Verlaine (Verlaine Histoire d’un corps, Tallandier, 1995). Sur ces auteurs, il utilise diverses approches critiques : analytique, biographique - Proust Samedi 27 novembre 1909 (Jean-Claude Lattès, 1991) résume une journée de l’écrivain -, thématique.
Il s’est aussi intéressé à la peinture, en particulier celle de Venise, où il séjournait régulièrement. Il écrivit, avec une érudition inspirée par la passion, des monographies (Les Ciels de Tiepolo, Gallimard, 1996 ; Un Vénitien dit le Canaletto, Zulma, 2001) ; des synthèses thématiques (Dictionnaire savant et amoureux des couleurs de Venise, Zulma, 1998 ; Cènes et banquets de Venise, Zulma, 2000 ; Nudités de Venise, Zulma, 2004). Son goût de l’exotisme, déjà visible dans ses travaux sur Loti, lui fit écrire L’Orient voilé (Zulma, 1993), réflexion sur l’orientalisme et sur un sujet devenu brûlant.
La mort prématurée d’Alain Buisine nous prive non seulement d’un critique savant, personnel et pédagogique (il s’adresse souvent à son lecteur pour le persuader), mais d’un écrivain brillant et profond.

Lydia Flem

Lydia Flem, membre de l'Académie royale de Belgique est psychanaliste, écrivain et photographe a consacré 2 livres à Casanova : Casanova ou l'exercice du bonheur :Un autre regard non dénué d'intérêt sur les mémoires de Casanova.
L'homme qui aimait vraiment les femmes :Entre Casanova et nous, il y a deux siècles de malentendu. On le croyait un Don Juan de salon, il est l’ami des femmes et l’un des plus grands écrivains du XVIIIe siècle.
Le Vénitien se jette dans l’existence sans rien vouloir en retour, sinon la plus scandaleuse des récompenses : le plaisir. Pour les femmes, Casanova est un homme disponible. Généreux, il ne connaît la volupté que lorsqu’elle est partagée.
À la fin de son existence, exilé dans un château de Bohême, cet amoureux de la langue française écrit treize heures par jour l’Histoire de ma vie. Pour Casanova, le vrai bonheur est alors dans la mémoire du temps retrouvé.
Lydia Flem célèbre l’insolent héritage de Giacomo Casanova : au-delà du plaisir il y a encore du bonheur

Lydia Flem

Casanova ou l'exercice du bonheur

Casanova, l'homme qui aimait vraiment les femmes