Autres ouvrages de Casanova

ZOROASTRO (1752)

Ce fut le premier ouvrage édité de Casanova : traduction en vers italiens de la tragédie écrite par Louis de Cahusac sur une musique de Rameau.

Ma fuite des prisons de Venise (1787-1788)

​Le récit de sa fuite des prisons de Venise fut sa carte de visite pendant des années. Il aimait raconter cette fuite en exigeant de prendre le temps nécessaire (3 heures parfois) car sans cela le récit n'aurait plus eu aucun intérêt. Ce récit fut maintes fois mis en doute dès la parution du texte. Il fallut que plusieurs chercheurs dont Armand Baschet et Charles Samaran s'obstinent à démontrer la véracité du récit pour qu'enfin cette histoire ne fasse plus de doute.
Le premier ouvrage critique de ce récit est celui du docteur Guede qui démolit consciencieusement le récit de Casanova. Un autre chercheur, Charles Samaran arriva quelques années après à démontrer le contraire : Casanova s'est bien enfui de la prison de Venise, même si son récit comporte quelques erreurs..
Un texte fort intéressant par Thomas Steidle est paru dans la revue Casanovienne "Casanova Gleanings" N° 15 explique, plan à l'appui comment Casanova a réussi à s'échapper.

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Icosameron (1788)

Casanova attendait beaucoup de ce texte pour redorer son blason et ses finances. Ce fut un échec : Touffue, complexe, surchargée de détails et d'érudition, l'œuvre s'inscrit dans la longue lignée des voyages extraordinaires et des utopies. Un sujet en avance sur son temps, des difficultés avec l'éditeur, une souscrpition insuffisante peuvent expliquer cet échec.
J'ai du commencer à lire ce roman de science fiction 10 fois et à chaque fois j'ai abandonné par lassitude et manque d'intérêt pour une histoire sans aucune crédibilité. 

Discours sur le suicide

Le Discours sur le suicide et les Dialogues sur le suicide comptent parmi les rares textes de Giacomo Casanova écrits en italien, contrairement à ses Mémoires qui le furent en français. Retrouvés dans les archives nationales de Prague, ils témoignent de l’intérêt du mémorialiste pour le thème antique de la mort volontaire, comme expression – ou illusion – de liberté.
Traversé par l’idée de mettre fin à ses jours, comme le signale un passage de son autobiographie, Casanova réfléchit avec rigueur, érudition et ironie, à ce problème cher aux Anciens.

Ni Amours ni Femmes ou l'étable nettoyée

Petit livre écrit en italien (Né Amori Né Donne, Ovver La Stalla Ripulita) et publié en 1782.
Ce pamphlet a été écrit par Casanova pour se venger de Carletti qui l'a trompé et humilié dans une affaire financière.
La première traduction en français a été faite par Joseph Pollio puis reprise dans le cahier numéro 8 des Pages Casanoviennes.

Lettres écrites au sieur Faulkircher

Persécuté par le petit personnel du chateau de Dux Casanova, âgé ne pouvait se défendre et se venger que par l'écritures.
Ces lettres n'ont pas été envoyées au destinataire. Elles ont seulement permis à Casanova d'éteindre sa rage.
Faulkircher fut renvoyé par le comte de Waldstein en 1793

A Leonard Snetlage

À Léonard Snetlage, paru en 1797, est la dernière œuvre de Giacomo Casanova publiée avant sa mort, survenue le 4 juin 1798. Dans ce petit livre il critique le dictionnaire de néologismes français du lecteur de français de l'Université de Gottingue, Leonhard Wilhelm Snetlage. Casanova réserve ses commentaires les plus tranchants pour les mots "révolution" et "sansculottide".

Essai de critique sur les moeurs sur les sciences et sur les arts

Texte inédit de Jacques-Jérôme Casanova Transcrit et présenté par Gérard Lahouati avec la collaboration d'Helmut Watzlawick
Documents casanoviens
Publication de l'Université de Pau - 2001

Casanova et Bernardin de Saint-Pierre

Un texte peu connu de Casanova présenté par Marco Leeflang et Tom Vitelli.
Documents casanoviens.
Série publiée sous l'égide de l'Intermédiaire des Casanovistes.
Ci-après la préface de cet ouvrage :

AVANT-PROPOS

Grace aux efforts de plusieurs générations de Casanovistes, peu de textes importants de Casanova sont restés inédits. Parmi les manuscrits qui ont attendu jusqu'à aujourd'hui leur publication se trouve un essai de Casanova consacré à la "critique" des ETUDES DE LA NATURE de Bernardin de Saint-Pierre, ouvrage "commandé" au Vénitien par une fille du Prince de Ligne. Les manuscrits (en partie fragmentaires) qui composent ce texte sont conserves aux archives d'Etat tchèques à Mnichovo Hradisté, dans le "fonds Casanova", sous la responsabilité du Ministères de l’Intérieur.
 
Voici l'édition intégrale de cette "critique" qui nous intéresse, non seulement en tant qu'étude littéraire et esthétique de Casanova sur un "bestseller" de son époque, mais aussi en raison des nombreux détails biographiques que nous offre ce texte, "mis en net" par son auteur en 1789.
 
Si on ignore pourquoi Casanova n'a pas lui-même publié son ouvrage, on peut conjecturer que son ICOSAMERON, venant de paraitre et se vendant mal, l'avait ruiné. L789 fut en effet l'année culminante des difficultés financières de Casanova. Autre supposition: one fois écrite, la "critique" ne cadrait pas avec l'actualité, les réflexions sur les parlements et le despotisme se trouvant infirmées par les débuts de la Révolution française.
A Dux, des brouillons, des notes et des fragments chargés de ratures donnent la preuve que Casanova a beaucoup travaillé et plusieurs fois remanié le texte.
 
Dans notre Edition nous avons respecté 1’orthographe du manuscrit. Seule modification: les passages soulignés par Casanova sont imprimés ici en gras. Les accents (ou leurs absence) sont de la main de l'auteur. La numérotation des pages manuscrites est indiquée entre parenthèses; les parenthèses "vides" marquent les pages non numérotées.
Comme il existe plusieurs versions manuscrites, toutes incomplètes, nous avons fait un montage qui donne la préférence d’abord au texte le plus clair et ensuite au plus développé. Un fragment qui ne s’insérerait pas facilement dans l'ensemble est ajouté dans le chapitre "Fragment". De même les variantes résiduelles incasables sont rassemblées au chapitre: "Variantes". Les références "Marr" désignent les chemises dans lesquelles les versions sont cataloguées dans le "fonds Casanova". Les pieces d'archives suivantes ont servi à la publication de ce texte, dans l’ordre de leur utilisation:
Marr 28-2; 28-3; 29-6; 16-I-56, 47, 48; 16-H-18; 29-6.
Jaques Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) publia ses ETUDES DE LA NATURE en trois volumes en 1784 (1'ouvrage comportait quatorze études). Une deuxième édition parut en 1786, et une troisième en 1788 à laquelle fut ajouté un quatrième volume contenant un AVIS SUR CET OUVRAGE ET SUR CE QUATRIEME VOLUME, le roman de PAUL ET VIRGINIE, un FRAGMENT SERVANT DE PREAMBULE A L'ARCADIE, et L'ARCADIE. De ces différentes éditions la critique de Casanova concerne celle de 1788, en quatre volumes. Un exemplaire se trouve encore dans la bibliothèque de Dux(*). Si c'est vraiment là celui qu'uti1isa Casanova, on peut constater que c'était un lecteur très respectueux des livres: au cours des trois tomes on ne rencontre que deux ou trois pages annotées au crayon.
 
Trois indications permettent de dater les manuscrits casanoviens:
 
1. Une lettre de Casanova 5 la princesse Maria-Cristina Clary-de Ligne, datée du 20 septembre 1789: "Vous êtes la première qui voit ce qui est sorti de ma tête dans le mois de décembre de l'année passée. Actuellement je vais mettre en net".
 
2. Un passage d'une lettre (**) de Max Lamberg 5 Casanova, datée du 14 mars 1789 où i1 parle de Bernardin.
 
3. Une lettre de Casanova 5 son frère Giovanni Battista, datée du 5 janvier 1789 et publiée par P.Gruet dans les CASANOVA GLEANINGS, 1974. C’est justement cette lettre qui permet de supposer que le texte Marr 28-2 est à dater de la fin de 1788. Casanova écrit: "il faut que je n'oublie pas de demander à mon frère s'il est vrai que..." Et dans le texte Marr 28-3: "j'ai prié mon frère, professeur de beaux arts à Dresde de m'écrire 15-dessus son avis. Voilà ce qu'il m'a écrit..."
 
La lettre 5 la princesse Clary contient d'autres détails sur la "critique" et vaut d’être reprise ici en totalité:(***)
On a demandé 5 la philosophie la définition du parfait. La philosophie qui ne se trompe jamais répondit: Ce qui est beau et bon doit être parfait. Nous avons un cœur et une âme; or il est juste de nous rendre lorsqu'un seul objet réunit ces deux qualités: le beau enchante le cœur, le bon ravit l'âme. Lorsque nous devenons
amoureux le premier frappé est le cœur, car nous voyons avant de concevoir, et si nous eûmes le malheur de nous laisser transporter par un objet mauvais, le repentir ne tarde pas 5 nous affliger. L'homme donc qui ne se tient pas sur ses gardes n'est pas philosophe, et pour étre heureux, nous avons tous besoin de l'être. La façade d'un palais, le portail d'une église me surprend et me plait: cela m'est permis; mais avant que d'en faire l'éloge, avant de consentir au plaisir que le palais, l'église, le jardin me font, je dois examiner s'i1s sont bons; c’est à dire si leur architecture est dans les règles. Une femme à son premier aspect me frappe; si je n'y prend pas garde elle me ravit au coeur, et je suis perdu, peut-être, car ce peut-être une Charpillon; attendons voir si elle est bonne, et pour lors aimons-la, car c'est le portrait du Dieu qui l'a faite. Excusez de grâce, princesse, si j'ai l'air d'un instituteur dans toutes mes lettres, et dans tous mes
bavardages. Vous devez pardonner cela à mon âge, à ma longue expérience, à mon coeur, qui bon, voudroit partager ses travers avec toute la jeunesse qui l'interroge. Remarquez que je ne suis pas ainsi lorsque je parle, ou lorsque j'écris, à de vieilles gens Ou à quelqu'un que je ne crois pas fait pour m'écouter. Vous, jeune encore, et sincère, me dites qu'Héloise (la nouvelle) et les études de la nature vous ont plus! Je trouve cela dans la belle nature et je me tais. J'ai pleuré (vous m'avez dit) à la lecture de Paul et Virginie. Cela prouve que c'est beau, et je suis enchanté de vous connoitre un coeur fait pour être susceptible du plaisir que la jouissance des charmes qui enchantent doit lui causer. Mais vous avez un esprit fait pour jouir du bon. Avez-vous examine avant que de vous rendre à la beauté de l’église, du palais, du théâtre, si la bonne architecture y étoit ? Avez-vous examiné si Héloise, Emile, ou Virginie et Paul étoient bons? C’est 1à, princesse, où je vous attends, pour Héloise vous m'avez déjà confié que c'est un détestable roman, et je vous remercie, et vous aime, et respecte
davantage.Vous conviendrez, j'espère, que Virginie aussi ne vaut guère mieux. Je vous envoie parce que vous me l'avez ordonné, soixante-douze pages de ma critique à cet ouvrage dont on multiplie les éditions. Vous êtes la première qui voit ce qui est sorti de ma tête dans le mois de décembre de l'année passée. Actuellement je (vais?) mettre en net tout ce que j'ai écrit sur cette matière, et il se peut que je me détermine à donner le tout au public, car je désire que l'auteur sache que je l'ai lu, et qu'i1 a gagné mon estime au point que j’ai cru de devoir le critiquer. Je vous prie d'assurer de mes respect le prince, et de dire à vos adorables enfants qu'ils sont la cause que je regretterais la vie d'avantage, quand Dieu voudra que je la quitte.
Assurez, je vous supplie, de mes trés humbles respects, Madame de Rombeck, que je suppose retournée à Toeplitz. Je suis avec un profond respect...
Ce 20 septembre 1789.
Les éditeurs, l'un 5 Utrecht (Pays Bas), l'autre 5 New-York (Etats Unis), découvrirent, gr5ce 5 l'Istituto Francese di Studi Storici de Venise qu’ils travaillaient chacun de leur côté 5 la publication de ce texte. Ils décidèrent alors de conjuguer leurs efforts.
 
Ils remercient sincèrement le Ministère de 1’Intérieur de la ¢SSR qui leur a permis d'étudier les manuscrits; le Ministère de la Culture qui leur a donné l’autorisation de consulter les ouvrages de la bibliothèque anciennement à Dux; la bibliothèque du Musée National de Prague qui leur a donné
la possibilité de faire dans ses fichiers des recherches concernant la bibliothèque de Dux. Ils disent toute leur reconnaissance au Dr Vladimir Budil, archiviste de Mnichovo Hradisté; aux professeurs J.Poli§enskv et (feu) Ch.Samaran pour leurs encouragements enthousiastes; à P.Gruet et R.Padoan
de l'Istituto pour leur coopération; au professeur J.Lauts, à F.Luccichenti, C.Pagnini, et H.Watzlawick pour leur contribution à quelques notes; et surtout à Mme M-F. Luna qui a corrigé le français de leur notes. Ils remercient enfin Dirkje Kuik, artiste connue à Utrecht, qui a illustré l'épisode concernant les castrats. A tous, sans oublier le centre ordinateur de l'Université d'Utrecht ainsi que leur proche entourage, ils expriment leur vive reconnaissance. Une première "édition de travail" de cette publication fut présentée aux membres de l'Istitut0 Francese di Studi Storici lors de leur dernier convegno à Venise, en mai 1981. Les éditeurs avaient envisage à cette époque d'offrir le résultat de leurs travaux à l'Istituto, pour publication sous forme d'un supplément de la revue CASANOVA GLEANINGS. La cessation des activités de l'Istituto, suivie de la suspension des CASANOVA GLEANINGS entrainèrent 1'ajournement de ces plans. Ce n'est que trois ans plus tard que la parution d’une nouvelle revue d'études et d'informations casanovistes, l'INTERMEDIAIRE DES CASANOVISTES (dont le premier numéro fut publié en décembre 1984, à Rome), a permis de relancer l'idée de la publication de ce texte. L'étroite collaboration avec les éditeurs de la nouvelle revue a ainsi eu pour résultat l'inaugurati0n d'une nouvelle série de DOCUMENTS CASANOVIENS
publiée sous l'égide de l'INTERMEDIAIRE, dont le premier cahier est consacré à l'ouvrage de Casanova sur les ETUDES DE LA NATURE de Bernardin de Saint—Pierre.
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 (*) Les 40.000 ouvrages de cette bibliothèque furent transportés, au cours d’une réorganisation des biens de la famille Waldstein, au château de Mnichovo Hradisté, sous la responsabilité du Ministère de la Culture.
(**) Marr 2-63
(***) lettre publiée par 0.Uzanne dans L’ERMITAGE, 15.10.1906
 
 


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